Après un long oubli la Grèce renoue avec son histoire juive

Après un long oubli la Grèce renoue avec son histoire juive

GRECE

Une marche en souvenir de la communauté juive de Thessalonique déportée dans les camps nazis est organisée le 18 mars 2018 Photo SAKIS MITROLIDIS. AFP

«La voix des 50.000 Juifs de Thessalonique déportés ne doit pas être oubliée. Il est temps que la Grèce fasse son travail de mémoire»: David Saltiel, président de la communauté juive de Thessalonique, un millier de personnes seulement aujourd’hui, commence à être entendu.

Musée en construction, développement du tourisme mémoriel, multiplication des livres sur l’extermination des Juifs de Thessalonique, la Grèce tente actuellement de réhabiliter cette partie de son histoire.

La communauté de Thessalonique, composée majoritairement au départ de Sépharades chassés d’Espagne en 1492, s’est développée au point que la ville a été surnommée la «Jérusalem des Balkans».

Mais en 1943 presque tous les Juifs de la ville ont été déportés, 4% seulement survivant aux camps nazis.

Jusqu’à l’ancienne gare ferroviaire, d’où sont partis à partir du 15 mars 1943 dix-neuf convois vers les camps de la mort, une marche mémorielle annuelle a lieu mi-mars depuis 2013, à l’initiative du maire, Yannis Boutaris. La cinquième a eu lieu dimanche.

Le maire a prononcé en janvier un mea culpa remarqué pour dénoncer l’oubli : «qui a porté le deuil de ses voisins disparus, quels monuments avons-nous élevés, quelles cérémonies avons-nous organisées ?», a-t-il lancé, dénonçant aussi des spolations par des Grecs des biens des Juifs déportés.

- Concurrence mémorielle -

Fin janvier, le président israélien Reuven Rivlin a posé à Thessalonique la première pierre d’un musée de l’Holocauste de 7.000 m2, qui devrait être achevé en 2020. Il est financé par l’Allemagne et la Fondation Stavros Niarchos.

«Les juifs grecs avaient disparu de la mémoire collective grecque jusqu’à la fin des années 1990», souligne l’historienne Rena Molho, spécialiste de la communauté.

Et ce n’est qu’en 2004 que l’enseignement de la Shoah à l’école est devenu obligatoire, et qu’en 2014 qu’une stèle a été installée à l’emplacement de l’ancien cimetière juif rasé par les Allemands, où se dresse à présent l’université.

Comment expliquer ce long silence?  Lire la suite sur le site LIBERATION

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