Des archéologues exposent le ‘dialogue’ judéo-musulman à Jérusalem d’il y a 1 300 ans

Des archéologues exposent le ‘dialogue’ judéo-musulman à Jérusalem d’il y a 1 300 ans

COINS

A l'aide de pièces, de récipients et d'inscriptions, des chercheurs espèrent partager avec le monde arabe les débuts de l'islam en terre sainte, une période de tolérance relative pour les juifs et les musulmans .

Une pièce datant des Omeyyades (après la réforme) avec un modèle de ménorah à sept branches. Bronze. Ces pièces ont été probablement frappées à Jérusalem aux environs du 8ème siècle. D’un côté, une ménorah à sept branches avec une inscription en arabe : « Il n’y a d’autre Dieu qu’Allah ». De l’autre, une inscription en arabe : « Mahomet, le messager de Dieu » et au-dessus, le symbole du croissant musulman. Cadeau d’Abraham Sofer et de Marianne Schweer Sofer Collection, Palo Alto, aux Amis américains du musée d’Israël, à Jérusalem, en Israël. (Crédit : le musée d’Israël, Jérusalem : Vladimir Nikhin)

Extraits : article entier sur le site TIMES OF ISRAËL

.......... Et en effet, l’identité musulmane de Jérusalem s’est forgée avec l’aube de l’islam. Néanmoins, selon deux archéologues israéliens, cette identité a été tout d’abord celle d’une coexistence fondée sur la tolérance. Ils affirment avoir des preuves archéologiques vieilles de 1 300 ans pour le prouver et veulent dorénavant les partager avec le monde musulman.

Assaf Avraham, 38 ans, et Peretz Reuven, 48 ans, tous deux en train de passer un doctorat en archéologie à Jérusalem, ont lancé mercredi une campagne de crowdfunding pour réunir des fonds qui leur permettront de continuer leur travail en exposant une période de l’histoire de Jérusalem peu connue qui, disent-ils, a été celle d’un « dialogue interconfessionnel » entre juifs et musulmans.

Parmi les preuves archéologiques trouvées, l’usage de symboles juifs durant la gouvernance musulmane. Avraham a confié dans une conversation avec le Times of Israel, mercredi, que cette trouvaille et d’autres illustrent une période de l’histoire de Jérusalem durant laquelle les conquérants musulmans ont eu le sentiment d’être une continuation du peuple d’Israël.

« Au début de la gouvernance musulmane, non seulement ils ne s’opposaient pas aux Juifs mais ils se considéraient comme une continuation du peuple juif ». Ils avaient adopté le narratif juif et les symboles, a dit Avraham. La ménorah était un symbole juif et son usage est un témoignage prouvant que les musulmans n’avaient pas de problèmes avec les Juifs, a-t-il ajouté.

Comme preuve, les chercheurs offrent des pièces et autres récipients d’il y a 1 300 ans, datant donc de la période des Omeyyades (en l’an 638 de l’ère commune) qui présentent des ménorot à sept branches. De plus, les archéologues ont souligné une inscription mentionnant le mont du Temple que, de manière spectaculaire, les archéologues ont déchiffrée et dévoilée l’année dernière et qui fait la liaison entre le Dôme du rocher et le mont du Temple.

Une inscription vieille d’un millénaire dans la mosquée de Nuba qui mentionne le terme ‘Beit al-Maqdas’ dans le cadre du Dôme du rocher (Crédit : Assaf Avraham)

L’inscription, trouvée sur une mosquée en fonctionnement du village de Nuba, a été gravée en vieux kufi dans un bloc de calcaire qui indique la direction de la Mecque et qui dit : « Au nom de Dieu le miséricordieux, le compatissant, ce territoire, Nuba, et toutes ses frontières et sa région entière sont une fondation du rocher de Bayt al-Maqdis et de mosquée al-Aqsa, tels qu’ils ont été consacrés par le commandant des fidèles, Umar ibn al-Khattab, à la gloire d’Allah ». Le lien avec le mont du Temple, dit Avraham, montre que les gouvernants musulmans voulaient reconstruire le temple du roi Salomon et non le remplacer.

Suite à la publication de l’inscription l’année dernière, les deux archéologues ont rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ils ont aidé le ministère des Affaires étrangères à médiatiser leurs trouvailles sur des canaux de réseaux sociaux variés. Lorsqu’elles ont été publiées par les médias arabes du ministère qui regroupent plus de 1,3 million d’abonnés, Avraham a indiqué avoir noté une réponse énorme de tout le Moyen Orient. Ce qui l’a incité –
en tant qu’Israélien et en tant que chercheur – à amener de nouvelles trouvailles archéologiques au monde arabe.

« Nous voulons montrer au monde la preuve d’un dialogue qui a eu lieu pendant des centaines d’années », a-t-il dit, de manière à ce que les gens puissent décider quoi croire par eux-mêmes ».

 

 

Ces éléments sont en opposition complète avec le narratif enseigné aujourd’hui dans les pays musulmans. Plus troublant encore pour les chercheurs, le rejet général relativement récent et le déni parmi les Palestiniens d’une connexion juive à Jérusalem. Sur la scène internationale, les échos de ces dénis peuvent être appréhendés dans une récente résolution de l’UNESCO qui a ignoré les liens juifs et chrétiens avec le mont du Temple et ne s’est référé au site controversé que sous ses dénominations musulmanes.

Une fois financé par le biais d’une campagne sur le site de crowdfunding Giveback, le projet des deux hommes a pour objectif d’enseigner une histoire de concessions mutuelles entre juifs et musulmans à Jérusalem qui n’est pas présentée dans la majorité des écoles musulmanes.

« Nous espérons que cette exposition fera la promotion d’un dialogue éduqué entre juifs et musulmans », a dit Avraham.

Dans l’oeil de l’observateur

Que ces pièces et autres preuves archéologiques dénotent une histoire commune et tolérante est matière d’interprétation pour ceux qui lisent très attentivement les annales de l’Histoire.

Dans les années 1970, les historiens Patricia Crone et Michael Cook ont écrit dans leur ouvrage en anglais : « Hagarism: The Making of the Islamic World », qu’ils « croient qu’à l’origine, les musulmans avaient vraiment l’intention de reconstruire le temple juif… Ce lien juif a été temporaire et court, toutefois, et la séparation d’avec le judaïsme a été rapide ».

Lire la suite sur le site TIMES OF ISRAËL

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