La nouvelle édition de la Torah présentée au Pape

La nouvelle édition de la Torah présentée au Pape

torah pape

This handout picture released by the Vatican press office, Osservatore Romano, shows Pope Francis (R) giving a hug to Argentine biophysicist, rabbi and book author Abraham Skorka during a meeting of the International Council of Christian and Jews, in the Clementine Hall at the Vatican, on June 30, 2015. AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO - RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS- / AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO / HO

SOURCE : ALETEIA Isabelle Cousturié

 

L’occasion pour le Saint-Père de retrouver son grand ami rabbin, Abraham Skorka.

« Chaque édition de l’Écriture sainte renferme une valeur spirituelle qui dépasse infiniment la valeur matérielle », a souligné le pape François en recevant son grand ami rabbin argentin, Abraham Skorka, venu lui présenter une édition spéciale de la Torah, les cinq premiers livres sacrés de la Bible juive, correspondant au cinq livres du « Pentateuque » chez les chrétiens. Entouré d’intellectuels juifs du monde entier, le Pape a profité de cette audience, le jeudi 23 février, pour saluer les progrès du « dialogue fraternel et institutionnel » qui « unit juifs et chrétiens », de manière « efficace », non seulement « à travers les paroles, mais aussi dans les gestes », comme le montre cette « idée » qu’ont eut ces personnalités juives de venir lui présenter cette »nouvelle et précieuse édition de la Torah ».

La Torah, « amour paternel et viscéral de Dieu »

La Torah, que saint Jean Paul II a définie comme « l’enseignement vivant du Dieu vivant », a rappelé François, et manifeste « l’amour paternel et viscéral de Dieu, un amour fait de paroles et de gestes concrets, un amour qui devient alliance » et scelle « notre rapprochement ». Le Saint-Père, très touché de voir cette attitude de dialogue soulignée dans la partie introductive de la nouvelle édition, s’est félicité de la « vision culturelle ouverte, fondée sur le respect réciproque et la paix » qui caractérisent l’eprit de ses auteurs, face à un monde inondé de « paroles humaines qui, malheureusement, poussent à la division et à la compétition ».

Il est vrai que la nouvelle présentation de la Torah est le fruit d’une « alliance » entre personnes de différentes nationalités, âges et confessions religieuses qui « ont su travailler ensemble », a relevé le Pape. Il en a profité pour féliciter chaleureusement « les grandes personnalités religieuses » qui ont travaillé activement à cette nouvelle édition, relevant le « soin particulier » qu’ils ont donné  à la « dimension littéraire » du texte, et aux « précieuses illustrations en couleurs » qui ajoutent « une valeur supplémentaire à la publication ».


Lire aussi : Les relations entre juifs et chrétiens entrent dans une nouvelle ère


La délégation internationale a remis au Pape une édition « artisanale »de la Torah, réalisée par un groupe d’éditeurs sud-américains et espagnols, éditée en quantité très limitée sur initiative, entre autres, d’Adolfo Roitman, spécialiste des fameux manuscrits de la Mer Morte. Le texte sacré continent des lithographies de l’artiste juif cubain Baruj Salinas.

 

Abraham Skorka, son grand ami et allié

Le pape François, dans la continuité des papes depuis Jean XXIII, est un fervent acteur du rapprochement avec la communauté juive. En 2013, le Pape avait donné le ton, accueillant Abraham Skorka à la Maison Sainte-Marthe pendant quatre jours. Alors que le Pape n’était encore qu’archevêque de Buenos Aires, ils ont publié Sur la terre comme au ciel, un livre d’entretiens, publié en français aux éditions Robert Laffont, en 2013. Pour le souverain pontife,  le rabbin est un « un frère et un ami ». Celui-ci fut d’ailleurs l’un des privilégiés à avoir reçu un appel téléphonique du Pape quelques heures après son élection. Également recteur du collège rabbinique latino-américain à Buenos-Aires, Skorka l’avait prédit, dès 2014 : « Le pontificat de François sera marqué par la relation particulière entretenue avec le judaïsme ». En mai de cette année-là, il était à ses côtés lors de son voyage en Terre Sainte.