Léon Blum, juif, socialiste et sioniste, un livre de Pierre Birnbaum

Léon Blum, juif, socialiste et sioniste, un livre de Pierre Birnbaum

LEON BLUM

Juif au service de l’Etat, il est un amoureux de la France et de la République sans jamais renier son judaïsme qu’il défend face aux antisémites de tout bord. A Xavier Vallat, député antisémite qui l’insulte à l’Assemblée nationale en 1936, il répond « sa fierté d’appartenir à la race juive »

De Léon Blum, on connaît surtout le premier Président du Conseil socialiste et juif de l’histoire, l’homme du Front Populaire, des congés payés et des 40 heures. Peu de lecteurs connaissent son itinéraire juif. Enfant de la petite bourgeoisie juive, il est attaché aux traditions jusqu’à manger cacher au lycée, il n’abandonne la pratique religieuse que tardivement dans sa vie. Il se marie à la synagogue.

Comme d’autres Juifs de son époque, il ne prend pas immédiatement la défense de Dreyfus avant de s’investir dans ce combat avec de nombreuses personnalités. Ami de Proust, amateur de littérature, critique théâtral, il est l’héritier spirituel de Jaurès et de ses combats socialistes au service du peuple. Il œuvre toute sa vie au service de l’émancipation des femmes, il est le premier à avoir une femme au gouvernement alors qu’elles n’ont pas encore le droit de vote. Juif au service de l’Etat, il est un amoureux de la France et de la République sans jamais renier son judaïsme qu’il défend face aux antisémites de tout bord. A Xavier Vallat, député antisémite qui l’insulte à l’Assemblée nationale en 1936, il répond « sa fierté d’appartenir à la race juive ».

Authentique patriote français, c’est sous son gouvernement que la France se réarme, il est un sioniste convaincu, ami d’Einstein et d’Albert Cohen, il préside l’Union Sioniste Française.

En 1943, un quiboutz est inauguré à son nom en Palestine mandataire : Kfar Blum.

Opposant historique au régime de Vichy, il est l’un des 80 députés courageux qui s’oppose aux pleins pouvoirs à Pétain, alors qu’ils ont tous été élus sous l’étiquette Front Populaire.

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Et aussi LIBERATION :

             Léon Blum, le juif de la République

Par Laurent Joffrin

L’historien Pierre Birnbaum insiste sur le judaïsme revendiqué du leader du Front populaire, qu’il conjugua toujours avec une foi républicaine absolue.

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    Léon Blum, le juif de la République, par Laurent Joffrin

Pour être moderne, il faut aussi revenir aux sources. Pour maîtriser le siècle qui vient, il faut comprendre le siècle qui s’en va. Ainsi, ceux qui croient, à gauche, qu’on ne construit pas le monde futur en chantant «du passé faisons table rase», liront avec profit le portrait de Léon Blum que publie Pierre Birnbaum, historien, longtemps professeur de sciences politiques, analyste subtil du socialisme, de la République et du judaïsme. Ecrit dans un style vivant, appuyé sur un travail d’archives qu’atteste la richesse des notes de bas de page, cette biographie à la fois rapide et érudite montre ce que l’itinéraire exemplaire du leader du Front populaire peut apporter aux débats contemporains.

Blum, on le sait, fut un juste du socialisme. Normalien, critique littéraire, ami de Proust, de Barrès, de Jaurès, il s’engagea tôt aux côtés des dreyfusards et apporta à la cause commune la compétence juridique et la finesse dialectique nécessaire à la défense du capitaine faussement accusé. Son compagnonnage avec Jaurès, assassiné en 1914, le porta après la Première Guerre à la tête de la SFIO, et c’est à ce titre qu’il dirigea, en 1936, le premier gouvernement socialiste de l’histoire française, promoteur de réformes qui forment encore le patrimoine commun du mouvement ouvrier. Arrêté par Vichy, il surmonta avec brio l’épreuve du procès honteux de Riom, pour être ensuite déporté à Buchenwald par les nazis qui voulaient se servir de lui comme d’une monnaie d’échange. Soutien du général de Gaulle dès l’origine, il gouverna brièvement après la Libération, avant de s’éteindre au milieu du respect de la nation en 1950.

S’il s’agissait seulement de retracer cette vie droite semée de drames et d’épreuves, les biographies classiques de Serge Berstein, d’Ilan Greilsammer ou de Jean Lacouture y suffiraient. Birnbaum met l’accent sur les paradoxes et les aspérités du personnage qui en font un héros d’aujourd’hui. On fustige mécaniquement, y compris dans le camp progressiste, la «gauche caviar» ou les «bobos», auxquels on reproche leur «bien-pensance» professée dans une situation matériellement confortable. Blum fut de ceux-là. Dandy proustien à l’orée du XXe siècle, il conjuguait un mode de vie plutôt bourgeois de haut fonctionnaire littéraire avec un engagement sans faille. Outre ses critiques de la Revue blanche et son assiduité dans les salons parisiens, il se fit connaître par un essai sulfureux sur le mariage où il réfutait les présupposés de la morale de son temps et prêchait pour une vie sexuelle libre, qui libérerait la femme de la sujétion prude en vigueur à l’époque. Comme quoi l’engagement «sociétal» n’est pas forcément contradictoire avec la foi égalitaire et sociale qu’il affichera comme émule de Jaurès et leader du socialisme français.

De la même manière, le réformisme qu’il est de bon ton de dénigrer aujourd’hui à la gauche de la gauche fut, pour lui, une raison d’être. Birnbaum cite longuement le discours historique de Blum .....Lire la suite sur le site LIBERATION

Pierre Birnbaum.

Léon Blum, un portrait.

Seuil. 261 pages.

20 euros.