Petite histoire de la philosophie juive de Maurice-Ruben Hayoun

Petite histoire de la philosophie juive de Maurice-Ruben Hayoun

Philosophie juive

Qu'est-ce que la philosophie juive ? C'est sur cette interrogation que s'ouvre cette réédition revue et corrigée. L'essence de la philosophie juive a nécessairement quelque chose à voir avec l'identité juive proprement dite. Depuis les premières décennies du ixe siècle, les têtes pensantes du judaïsme ont voulu dialoguer avec les grands courants spirituels, religieux et intellectuels de leur temps. Mais comme le relevait à juste titre l'éminent spécialiste français Georges Vajda, ce concept de philosophie juive est peu clair : que faire de penseurs nés juifs mais dont le centre de gravité s'est porté dans d'autres domaines de la philosophie ? Sans même parler de ceux qui, comme B. Spinoza, adressèrent à leur religion de naissance de sévères critiques, au point de la disqualifier aux yeux de tous. Ce livre est le premier à considérer le mystique comme partie intégrante de cet ensemble. Il souligne les continuités, l'inscription des Lumières de Berlin dans celles de Cordoue, et suit la migration de la penséeEn juive de l'hébreu à l'arabe puis à l'allemand. 

Maurice-Ruben HAYOUN, philosophe, exégète et historien, est l'auteur d'ouvrages qui ont fait date, tels Maïmonide ou l'autre Moïse ou Des Lumières de Cordoue aux Lumières de Berlin

Esther STAROBINSKI-SAFRAN, ancien professeur au Département de Philosophie de l'Université de Genève, enseigne l'histoire de la pensée juive.

 

Dans l’émission Source de Vie du 28 janvier, Josy Eisenberg échange avec Maurice-Ruben HAYOUN ( émission enregistrée en 2017)

 

Recension Google Brooks 

 

Existe-t-il une philosophie juive, comme il existe une philosophie grecque ou une philosophie allemande? Pas vraiment, mais il existe, à n'en pas douter, différents systèmes qui ont tenté, au cours des âges, de fournir du judaïsme une description philosophique.

De Maimonide (ob. 1204) à Hermann Cohen (ob. 1918), les penseurs qui ont donné un système presque complet du judaïsme ont plus interprété cette religion qu'ils ne l'ont décrite telle qu'elle était, suivant la pratique de ses fidèles. Cela n'entame en rien la valeur des ces présentations mais cela définit plutôt bien, selon nous, l'attitude des philosophes juifs à l'égard de la Bible, point de départ de leurs spéculations.

Dans le judaïsme, tout part de la Bible et tout y revient. Pour insérer sa philosophie néo-aristotélicienne dans le texte biblique, Maimonide a dû procéder à un commentaire non littéral, une interprétation allégorique. C'est à ce prix-là qu'il pouvait prétendre retrouver les quatre éléments de la Physique d'Aristote dans le récit de la Genèse. C'est aussi de la même manière qu'il introduit les différentes théories de la Providence divine dans l'exégèse philosophique du Livre de Job.20. La même remarque vaut pour Hermann Cohen qui tenta de rapprocher le judaïsme du kantisme dont il se voulait le rénovateur au sein de l'Ecole de Marbourg.

Cette Petite histoire de la philosophie juive se veut un essai original sur cette pensée bien spécifique et s'accompagne d'une première tentative pour présenter une anthologie allant du Talmud, premier commentaire biblique, à Emmanuel Lévinas en passant par les grands philosophes médiévaux, les représentants de la kabbale et les acteurs du renouveau de la pensée judéo-allemande au XIXe siècle.