Ensemble: l'origine de l'Amitié Judéo-Chrétienne

Ensemble: l'origine de l'Amitié Judéo-Chrétienne

De passage à Bayonne pour une conférence, monsieur Chevalier, professeur honoraire de l'université de Tours, directeur de la revue SENS, revue de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France, a rappelé les étapes de ses origines.

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De passage à Bayonne pour une conférence, monsieur Chevalier, professeur honoraire de l'université de Tours, directeur de la revue SENS, revue de l'Amitié judéo-chrétienne de France, a rappelé les étapes de ses origines.
Dès novembre 1947, Edmond Fleg nourrit cette ambition à Aix-en-Provence où il réside, entre Paris et la Provence. Fin 1948, l'Amitié judéo-chrétienne est fondée et essaime dans le Sud. A l'automne 1949, Lille, sous l'impulsion du cardinal Liénard, prolonge cette initiative dans le Nord.
A Lyon, pendant la guerre, «l'Amitié chrétienne oeuvrait à sauver les juifs». Un autre juif, Jules Isaac, optera pour le titre de l'association, «Amitié judéo-chrétienne», avec l'intention «de redresser et de combattre l'enseignement chrétien du judaïsme», ce qui pour l'époque, au sortir de la guerre, est nouveau et demande une radicale évolution des esprits. Henri Marrou, historien connu de cette époque, en devient directeur. Mais les rapports entre Jules Isaac et Henri Marrou sont difficiles, et Marrou démissionne.
En 1949, Jacques Madaule en devient le directeur jusqu'à 1975. L'affaire Finaly complique à nouveau les rapports entre juifs et chrétiens. 1960. Pierre Pierrard, l'historien et universitaire lillois, en devient le directeur. Un second souffle apparaît. La visite de Jules Isaac au pape Jean XXIII en cette année est de bonne suite. Mais dès 1963, Jules Isaac et Edmond Fleg, deux chevilles ouvrières actives de l'association, meurent.
Le texte romain de la main du pape "Nostra Aetate", est un pas audacieux et premier dans le sens voulu par les fondateurs, à savoir les prémisses d'un dialogue judéo-chrétien. Mais les esprits demeurent prudents. Le texte évoque «la compréhension du judaîsme, les termes du redressement de l'enseignement des chrétiens et du rejet de l'antisémitisme, ne sont pas encore dans tous les esprits».
La guerre des Six Jours en 1967 dégrade à nouveau les relations dans le cercle français des intellectuels du mouvement. Des démissions suivent, une nouvelle crise affecte les fondations. Suivront les douloureux sujets de discorde du Carmel d'Auschwitz, de la béatification de Pie XII, du père Déon ou encore celle d'Isabelle la Catholique abandonnées depuis. L'Amitié judéo-chrétienne française existe aujourd'hui en 44 groupes divers dans le pays. «Un espace d'échange et de connaissance mutuelle dira monsieur Chevalier, essentiel pour apprendre à écouter l'autre, différent et bénéfique, pour se connaître soi-même par les autres»!

Article publié par le "Journal du Pays Basque", vendredi 22 octobre 2010
 

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