GUESHER 2017

GUESHER 2017

Gesher

Bulletin de liaison de l'Amitié judéo-chrétienne de Lyon et de sa région N° 16 - octobre 2017

Nous avions choisi comme "fil rouge" pour cette année 2016/2017 de nous arrêter sur les très beaux textes qui ont été offerts lors du jubilé de la déclaration "Nostra Aetate". Des conférences à une ou deux voix nous ont permis de mieux apprécier le chemin parcouru en cinquante ans entre juifs et chrétiens. Notre président, le Père Jean Massonnet, présente un compte rendu de ces conférences.

 

Si des pas importants ont été réalisés pour une meilleure connaissance des uns et des autres, et surtout pour une plus grande confiance entre nous, le chemin n'est pas fini. En effet, alors que les textes mentionnés étaient accueillis très positivement par le plus grand nombre, quelques voix discordantes se faisaient entendre. Nous vous présentons, comme exemple, un texte du CJCUC qui répond à ces polémiques.

Comme tous les deux ans notre association a proposé une visite de lieux chargés d'histoire. Cette année, nous avons été nombreux à déambuler dans Lyon à la découverte de l'installation des juifs de l'origine à la fin de la seconde guerre mondiale. Madame Sylvie Altar, qui nous a guidés lors de cette visite, nous présente dans ce numéro, le parcours que chacun pourra faire (ou refaire) afin de mieux s'imprégner de cette histoire.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

​Jean-Marie Thomas

 

Sommaire :

- Compte-rendu des conférences 2016-2017 ​page 2

- Programme des conférences 2017 -2018​ page 3

- Le CJCUC texte de rabbins orthodoxes : Faire la volonté de notre Père céleste : Vers un partenariat entre juifs et chrétiens​ page 4

- Le CJCUC et la déclaration des rabbins sur le christianisme ​page 5

-  Les juifs à Lyon : de l'installation à la seconde guerre mondiale​page 7

- Recensions​ page 11

- Calendrier des fêtes 2017-2018​ page 13

 

 

À lire ci-dessous ou fichier PDF à télécharger 

 

Guesher N16 2017.pdf

 

Sur simple demande nous vous envoyons notre revue Guesher en "version papier

 

 

Compte rendu des conférences 2016-2017

 

​À la fin de l’année 2015 plusieurs textes sont parus ; ils étaient porteurs d’une grande signification pour les relations entre juifs et chrétiens. Les plus novateurs proviennent d’auteurs juifs. 

Le premier d’entre eux (23 novembre) est le fait de cinq personnalités juives françaises, de tendances diverses, libérales, massorti ou orthodoxe : « Déclaration pour le Jubilé de fraternité à venir » ; le second « Faire la volonté de Notre Père des cieux. Vers un partenariat  entre juifs et chrétiens » (3 décembre), fut signé par environ 70 rabbins à ce jour, rabbins orthodoxes d’Israël, d’Europe et des États-Unis d’Amérique. 

Ces deux déclarations tirent les conséquences du changement radical dont les chrétiens ont fait preuve dans leur relation avec le peuple juif au cours de ce dernier demi-siècle. Leurs auteurs en tirent des conséquences tout aussi importantes quant à la nature des relations qu’ils peuvent maintenant envisager avec les chrétiens. Tout en restant conscients qu’il s’agit d’un commencement, et sans ignorer les fortes réserves encore maintenues de part et d’autre par des courants moins ouverts, nous pouvons parler d’un renversement à 180° de la nature de nos relations. À titre d’exemple, il est déclaré dans le premier texte : « N’avons-nous pas pour espérance suprême que l’histoire des hommes ait un même horizon, celui de la fraternité universelle d’une humanité rassemblée autour du D.ieu Un et Unique ? Nous devons y œuvrer ensemble, plus que jamais, main dans la main ». De leur côté, les rabbins orthodoxes affirment : « Nous reconnaissons que le christianisme n’est ni un accident ni une erreur, mais le fruit d’une volonté divine et un don fait aux nations […]Nous sommes tous créés à l’image sacrée de D.ieu, et juifs et chrétiens doivent rester fidèles à l’Alliance en participant ensemble activement à la rédemption du monde ». 

​Du côté chrétien (catholique), la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme a fait le point des relations avec les juifs dans un document daté 10 décembre 2015 et intitulé : « “Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables” (Rm 11, 29). Une réflexion théologique sur les rapports entre catholiques et juifs à l’occasion du 50e anniversaire de Nostra Ætate (n° 4) ». Les auteurs annoncent d’emblée l’intention qui les anime : « Ce document se propose comme point de départ d’un approfondissement de la pensée théologique destiné à enrichir et à intensifier la dimension théologique du dialogue juif-catholique ». Le dialogue est donc ouvert. 

​Il valait la peine de reprendre ces textes et de les approfondir dans un esprit de dialogue. C’est ainsi que madame Daniela Touati, de la synagogue Keren Or, a accepté de s’exprimer sur le texte des cinq juifs français, le mardi 15 novembre 2016, au local du B’nai B’rit. 

​Le texte des rabbins orthodoxes a été commenté par monsieur le rabbin Menahem Mendel Bitton, à la Grande Synagogue, 13 quai Tilsitt, le jeudi 30 mars 2017. Une anecdote soulignée par l’orateur témoigne du chemin parcouru : son père le mettait en garde vis-à-vis des avances faites par des chrétiens. La peur peut maintenant faire place à la confiance. Jésus n’est plus un rasha‘ (méchant). Nous ne sommes plus des ennemis, et nous pouvons travailler ensemble au service de la rédemption du monde. 

​La déclaration de la Commission vaticane a été commentée à deux voix, entre Monsieur le rabbin Nissim Malka et moi-même le mardi 7 févier 2017, toujours à la Grande Synagogue. J’avais déjà écrit de mon côté une réflexion personnelle sur ce texte​ [ http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-en-France/Reflexion-sur-le-texte-de-la-Commission-vaticane-edite-a-l-occasion-des-50-ans-de-Nostra-aetate-2016-02-19-1200741214]. Nous n’avons pu échanger que sur les premières pages ; il aurait fallu y passer nuit ! La plupart du temps, le rabbin mettait le doigt sur des points que j’avais soulignés moi-même dans ma lecture. 

​La quatrième conférence à élargi le dialogue entre judaïsme et christianisme à une autre religion : l’hindouisme. Elle a eu lieu le mardi 2 mai 2017, à la Faculté de théologie, place Carnot. L’origine en est un travail commun organisé entre le Centre chrétien pour les relations avec le judaïsme de la Faculté de théologie de Lyon et l’ISTR de Marseille (Institut des Sciences et Théologie des Religions). Le but était de voir comment, chrétiens, nous abordions les textes des autres religions. Outre le judaïsme et le christianisme, l’islam, les religions amérindiennes et l’hindouisme ont été abordés. Cela a donné un ouvrage : Le dialogue des Écritures (I. Chareire et C. Salenson, éds), Lessius, 2007. Madame Colette Poggi présentait l’hindouisme ; son discours éveillait en moi des échos par rapport au judaïsme, et la réciproque était vraie pour elle en relation avec le judaïsme. Nous avons alors focalisé sur l’expérience hindouiste du « Je suis », expérience de l’Absolu, Parole divine, qui constitue pour l’hindouisme l’identité véritable. Cela évoquait des échos dans le judaïsme : le « je » de Moïse ou « l’extraordinaire conscience de soi de Hillel » (D. Flusser). Enfin, le moine bénédictin Henri Le Saux, plongé dans l’expérience hindouiste, approfondit pour lui-même le « Je suis » du Christ. Cette conférence à deux voix a été consacrée sur la manière dont ces trois religions « convergent vers un absolu, point commun d’attirance, non atteint, mais dynamisme de leurs orientations de fond ». 

 

Jean Massonnet

 

Voici le programme de ces conférences 2017 2018 : 

 

Conférencier et thème

Date

Lieu

Rabbin Alain Michel: L’antisémitisme de l’antiquité à l’affaire Dreyfus

mardi 7 novembre 2017 20h 30

Grande synagogue  

13 quai Tilsitt 

69002 Lyon

Daniel Bornstein : l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus à nos jours

mardi 5 décembre 2017

20h30

Grande synagogue  

13 quai Tilsitt 

69002 Lyon

Monique-Lise Cohen : Etty Hillesum, racines juives et résistance spirituelle

Dimanche 4 mars 2018

15 h30

Salle du B’nai B’rit

9 av. Leclerc

69007 Lyon

Frère Louis Marie Coudray : La recherche de déligitimation d’Israël  

Mardi 24 avril 2018 à 20h30

6 av. Adolphe Max

69005 Lyon

Cindy Bans, Ariel Krief : les Justes – aspects historiques avec contrepoint littéraire

Mardi 16 mai 2018 à 20h30

Grande synagogue  

13 quai Tilsitt 

69002 Lyon

 

Au mois de juin nous vous proposerons de nous retrouver pour un repas dans un restaurant.

 

Déclaration rabbinique orthodoxe

« Faire la volonté de notre Père céleste :

Vers un partenariat entre Juifs et Chrétiens »

 

3 décembre 2015

Après presque deux millénaires d’hostilité et d’aliénation mutuelles, nous, rabbins orthodoxes responsables de communautés, d’institutions et de séminaires en Israël, aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe, reconnaissons l’opportunité historique qui se présente à nous. Nous cherchons à faire la volonté de notre Père céleste en acceptant la main qui nous est tendue par nos frères et sœurs chrétiens. Juifs et Chrétiens doivent travailler ensemble, comme des partenaires, afin de relever les défis moraux de notre époque.

1. La Shoah a pris fin il y a 70 ans. Ce fut le point culminant de siècles de mépris, d’oppression et de rejet des Juifs et de l’hostilité subséquente qui s’est développée entre Juifs et Chrétiens. Rétrospectivement, il est évident que l’échec de la tentative de briser ce mépris et d’engager un dialogue constructif pour le bien de l’humanité a affaibli la résistance aux forces maléfiques de l’antisémitisme qui ont plongé le monde entier dans l’assassinat et le génocide.

2. Nous reconnaissons que depuis le Concile Vatican II, les enseignements officiels de l’Eglise Catholique sur le Judaïsme ont changé fondamentalement et irrévocablement. La promulgation de Nostra Aetate, il y a cinquante ans, a déclenché le processus de réconciliation entre nos deux communautés. Nostra Aetate ainsi que les documents officiels de l’Eglise postérieurs qu’il a inspirés, rejettent sans aucune ambiguïté l’antisémitisme, confirment l’Alliance éternelle entre Dieu et le peuple juif, rejettent le déicide et soulignent la relation unique entre Chrétiens et Juifs, appelés « nos frères aînés » par le pape Jean-Paul II, et « nos pères dans la foi » par le pape Benoît XVI. Sur cette base, les Catholiques ainsi que d’autres responsables chrétiens ont entrepris avec les Juifs un dialogue honnête qui n’a cessé de se développer au cours de ces cinq dernières décennies. Nous apprécions l’affirmation par l’Eglise de la place unique d’Israël dans l’histoire sacrée et dans la rédemption ultime du monde. Aujourd’hui, les Juifs ont connu un amour sincère et un respect de nombreux Chrétiens, exprimés dans plusieurs initiatives de dialogue, réunions et conférences à travers le monde.

3. Comme l’ont fait Maïmonide et Yehuda Halevi, nous reconnaissons que le Christianisme n’est ni un accident, ni une erreur, mais le résultat de la volonté divine et un don pour les nations. En séparant le Judaïsme et le Christianisme, Dieu a souhaité une scission entre les partenaires dotés de différences théologiques signifiantes, et non pas une séparation entre ennemis. Le rabbin Jacob Emden a écrit que « Jésus a apporté un double bienfait au monde. D’une part, il a majestueusement renforcé la Torah de Moïse… et aucun de nos Sages n’a exprimé tant d’empathie en parlant de l’immuabilité de la Torah. D’autre part, il a extirpé l’idolâtrie des nations et leur a imposé les Sept Lois de Noé afin qu’ils ne se comportent pas comme des animaux et leur a fermement inculqué des traits moraux… Les Chrétiens constituent des congrégations qui œuvrent pour l’amour du ciel, qui sont destinées à durer, qui tendent vers les cieux, et dont les récompenses leur seront accordées ». Le rabbin Samson Raphaël Hirsch nous a enseigné que les Chrétiens « ont accepté la Bible juive de l’Ancien Testament comme une révélation divine. Ils proclament leur foi dans le Dieu du Ciel et de la Terre, comme proclamé dans la Bible, et ils reconnaissent la souveraineté de la Divine Providence ». Maintenant que l’Eglise catholique a reconnu l’Alliance éternelle entre Dieu et Israël, nous, les Juifs, pouvons reconnaître la validité constructive continue du Christianisme comme notre partenaire dans la rédemption du monde, sans aucune crainte que cela puisse être exploité à des fins missionnaires. Comme l’affirmait le Grand Rabbinat de la Commission bilatérale entre Israël et le Saint-Siège, sous la houlette du rabbin Shear Yashuv Cohen, « nous ne sommes plus des ennemis mais des partenaires sans équivoque dans l’expression des valeurs morales essentielles à la survie et au bien-être de l’humanité ». Aucun de nous ne peut accomplir la mission divine seul.

4. Les Juifs et les Chrétiens ont une mission commune d’alliance pour parfaire le monde sous la souveraineté du Tout-Puissant, de sorte que l’humanité entière fasse appel à son nom et que les abominations soient retirées de la terre. Nous comprenons l’hésitation des deux parties à affirmer cette vérité et nous appelons nos communautés à surmonter ces peurs afin d’établir une relation de confiance et de respect. Le rabbin Hirsch nous a également appris que le Talmud met les Chrétiens, « à l’égard des droits entre l’homme et son prochain, exactement au même niveau que les Juifs. Ils peuvent prétendre aux bénéfices de tous les droits, non seulement en matière de justice mais aussi en matière d’amour fraternel humain actif ». Dans le passé, les rapports entre les Chrétiens et les Juifs étaient vus à travers la relation conflictuelle entre Ésaü et Jacob. Cependant, le rabbin Naftali Zvi Berliner (Netsiv) avait déjà compris, à la fin du XIXe siècle, que les Juifs et les Chrétiens étaient voués par Dieu à être des partenaires aimants : « A l’avenir, lorsque les enfants d’Ésaü seront amenés par un esprit pur à reconnaître le peuple d’Israël et ses vertus, alors nous serons également amenés à reconnaître qu’Ésaü est notre frère. »

5. Nous, Juifs et Chrétiens, avons plus en commun que ce qui nous divise : le monothéisme éthique d’Abraham ; la relation avec l’Unique Créateur du Ciel et de la Terre, Qui nous aime et prend soin de nous tous ; les Saintes Ecritures juives ; la foi en une tradition qui nous lie ; et dans les valeurs de la vie, de la famille, de la justice compatissante, de la justice, de la liberté inaliénable, de l’amour universel et de l’ultime paix mondiale. Le rabbin Moses Rivkis (Be’er Hagoleh) confirme cela en écrivant que « les Sages ont uniquement fait référence à l’idolâtre de leur temps qui ne croyait pas à la création du monde, à l’Exode, aux actes miraculeux de Dieu et au don divin de la loi. En revanche, les gens parmi lesquels nous sommes dispersés croient en tous ces éléments fondamentaux de la religion ».

6. Notre partenariat ne sous-estime en aucun cas les différences persistantes entre les deux communautés et religions. Nous croyons que Dieu emploie de nombreux messagers pour révéler Sa vérité, tout en réaffirmant les obligations éthiques fondamentales que toutes les personnes ont devant Dieu et que le Judaïsme a toujours enseignées à travers l’alliance noahide universelle.

7. En imitant Dieu, Juifs et Chrétiens doivent offrir des modèles de service, d’amour inconditionnel et de sainteté. Nous sommes tous créés à la Sainte Image de Dieu, et tant les Juifs que les Chrétiens resteront dévoués à l’Alliance en jouant, ensemble, un rôle actif dans la rédemption du monde.

Suivent les signatures d’environ 70 rabbins (à fin mai 2017).

Source http://cjcuc.org/2015/12/03/orthodox-rabbinic-statement-on-christianity/

 

 

 

 

 

Le CJCUC et la Déclaration des rabbins sur le christianisme

 

Le 10 Janvier 2016,

Le mois dernier, le CJCUC a publié sur son site Internet , une déclaration révolutionnaire sur le christianisme par des rabbins orthodoxes. Les réactions à la déclaration ont été pour la plupart positives et accueillantes, mais certaines personnes ont déformé le sens de cette déclaration afin de promouvoir leur propres idées.

Breaking Israël News [1] a couvert la controverse et a permis au bureau du CJCUC de mettre en perspective la déclaration. La déclaration repose sur les fondations de la Halakha (la loi juive orthodoxe). La déclaration a été élaborée par des savants orthodoxes, qui sont tous pleinement engagés à respecter toutes les normes, lois et principes de la Halakha. La loi juive interdit le « Eidut Sheker » : le faux témoignage contre un autre. Elle interdit d’attribuer des positions fausses pour nuire. De la même façon, elle interdit de condamner des personnes sans avoir d’abord rencontré chacune d’elle avec honnêteté et avoir posé la question : « Qu'avez-vous dit et pourquoi l’avez-vous dit ? »

Lorsque la déclaration a été publiée, le Rabbin Riskin [2] a déclaré que « l'importance réelle de cette déclaration orthodoxe est qu'elle appelle au partenariat fraternel entre les chefs religieux juifs et chrétiens, tout en reconnaissant le statut théologique positif de la foi chrétienne. Juifs et chrétiens doivent être à l'avant-garde de l’enseignement des valeurs morales, base du monde. »

Ce qui a commencé, comme un projet de 5 Rabbins d'Israël, d’Europe et des Etats-Unis, a maintenant plus de 60 signatures de rabbins orthodoxes! Nous nous attendons à ce que davantage de Rabbins signent soit la déclaration soit d’autres déclarations sur les développements constructifs indéniables des relations judéo-chrétiennes au cours des 50 dernières années. Alors que ces Rabbins sont conscients de ne parler qu’en leur nom et non pour la communauté orthodoxe, ils ont pris le temps et fait l'effort d'étudier en profondeur le christianisme et, à la lumière de leurs connaissances, se considèrent qualifiés pour faire bénéficier de leur avis éclairé les relations judéo-chrétiennes aujourd'hui. Parce que les vérités divines ne peuvent pas être réduites à une formule simple dans le langage humain, le judaïsme orthodoxe célèbre la diversité des opinions sincèrement tenues comme halakhiques. Et comme la Halakha s’attache à découvrir la vérité, il loue les échanges d’un débat de rabbins instruits et informés

L'engagement dans une conversation théologique entre chrétiens et juifs orthodoxes est à bon droit entreprise seulement par des croyants des deux religions avec des références universitaires reconnues et dans la poursuite commune d'authenticité religieuse. Reconnaître les croyants d'une autre foi n'est pas une concession au syncrétisme. C’est une action visant à reconnaître la grandeur de Dieu, sa bonté, et sa gloire qui peut toucher chaque personne dans des contextes culturels différents. Notre dialogue n'est pas une dilution de la foi; il reconnaît que la parole divine peut parler de différentes manières à différents peuples.

Juste comme les états des nations modernes ont des ministères des affaires étrangères qui interagissent avec d’autres nations, la Torah précise que le judaïsme doit être investi dans l'appel universel d’une foi épurée, de bonnes œuvres et de la mission de sanctifier ce qui n’est pas encore béni. Alors que de nombreuses organisations juives importantes s’engagent dans le dialogue inter-religieux, la mission du CJCUC concerne de façon spécifique le cœur des relations judéo-chrétiennes (un aperçu de ces raisons peut être vu dans le lien [3] suivant).

D’autres rabbins qui sont en désaccord avec le CJCUC ont le droit de faire valoir leurs arguments. Mais en accord avec la loi juive, ils doivent s’efforcer à la vérité en saisissant les faits avec exactitude, nous parler directement et essayer de faire la preuve de notre erreur avec de arguments honnêtes. Les noms d’oiseaux, et les sarcasmes, ridiculiser sans respect, ne sont pas des façons de faire pour des personnes sincèrement religieuses. De telles pratiques rabaissent ces détracteurs et contredisent l'interdiction faite par la Torah de calomnier. L'utilisation de procédés déformants et de mensonges à la place d’arguments de fond révèlent une faute religieuse profonde.

Chaque Shabbat avant de réciter le Birkat Hamazon (les Grâces d’après-repas), nous chantons joyeusement le Psaume 126. En réponse au retour des exilés, le psaume dit que les nations diront - « L'Eternel a fait de grandes choses pour eux [Israël ].» Les nations païennes sont impliquées dans cette heure intime et collective d'Israël lorsque que nous célébrons notre retour chez nous. Alors que l'auteur de ce psaume s'adresse aux juifs de retour de leur exil à Babylone, le Psaume 126 porte un message providentiel pour notre temps. Beaucoup de chrétiens des nations du monde entier ont reconnu que « l'Eternel a fait de grandes choses pour eux. » Certains ne sont pas conscients de l’histoire des mauvaises relations entre la Synagogue et l’Eglise et suivent simplement l’appel divin pour tendre la main à Israël. Des Chrétiens ont travaillé à surmonter 2.000 années de théologie de substitution et beaucoup soutiennent maintenant le peuple juif et l'Etat d'Israël. Le CJCUC offre une réponse institutionnelle à ce processus historique. La récente Déclaration des Rabbins sur le christianisme soutient cette mission sacrée.

Traduction AJC Lyon.

Vous trouverez le texte original en anglais sur le site Internet du CJCUC : http://cjcuc.org/2016/01/10/cjcuc-and-the-orthodox-rabbis-statement-on-christianity/

 

 

Les juifs à Lyon de leur installation à la seconde guerre mondiale

Voir l'article

Notre association a organisé le 7 juin dernier une visite des lieux juifs à Lyon. Sylvie Altar qui a été notre guide nous propose ci-dessous le "topo guide" de l'itinéraire

 

 

 

 Recensions

 

 

Voici la présentation d'ouvrages écrits par des membres de l'AJC Lyon. Nous vous les recommandons.

" Fille de Jérusalem, ma passion pour l'unité" de Sœur Myriam Selz

et

" Entretiens - 1926 -1944 Emmanuel Mounier " de Bernard Comte

 

Née dans une famille juive non pratiquante, Myriam Selz est baptisée en 1941 pour échapper aux nazis. Les allemands partis, la foi de Myriam ne cesse de grandir.

Bientôt l’appel à la vie religieuse se fait entendre et elle prononce ses vœux dans la congrégation des religieuses de l’Assomption pour vivre la prière, la vie fraternelle et se consacrer à l’éducation chrétienne des jeunes.

A l’image du cardinal Lustiger, sœur Myriam a consacré sa vie à l’unité en faisant découvrir aux chrétiens leurs racines juives et en leur faisant aimer leurs "frères ainés".

Fidèle à son peuple, sœur Myriam l’est tout autant à sa famille religieuse. Sous forme d’entretien, le livre la suit au cours de sa vie déjà longue. Des années dramatiques de la guerre à la richesse de sa vie religieuse apostolique, une vie jalonnée d’innombrables rencontres.

Un témoignage aussi émouvant que généreux.

Entretien avec Mgr Jacques Perrier, Évêque émérite de Tarbes et Lourdes. Préface de Mgr Pierbattista Pizzaballa, Archevêque de Jérusalem

Editions de Cerf, 208 pages, 19 €

 

 

De 1926 à 1936 puis de 1940 à 1942, Emmanuel Mounier a consigné dans des carnets ces « entretiens » qui sont des transcriptions de ses rencontres intellectuelles et personnelles. Il s’agit souvent de comptes rendus, écrits parallèlement à son activité d’étudiant puis de directeur de revue, qui lui permirent, à des moments-clés de son existence, d’éclairer ses choix. Ils constituent en ce sens de véritables dialogues intimes.

 

Entretiens, 1926-1944 Bernard Comte (Auteur) Emmanuel Mounier (Auteur) Paru le 20 avril 2017 Etude (broché) 32 €

 

Bernard COMTE : Historien, professeur retraité de l’Institut d’Etudes politiques de Lyon, est l’auteur d’une thèse de doctorat sur l’Ecole des Cadres d’Uriage (1940-1942), d’ouvrages sur les catholiques français résistants et sur la publication d’Esprit par Mounier à Lyon en 1940-41, et d’articles (plusieurs dans ce Bulletin) sur Mounier, Jean Lacroix et leurs amis jésuites lyonnais ; il est co-auteur du rapport de la commission René Rémond "Paul Touvier et l’Église".

 


[2]

Fondateur et chancelier du CJCUC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos derniers articles

Le 1er septembre dernier, le Frère Louis-Marie Coudray succédait au Père Patrick Desbois au titre de directeur du Service National pour les Relations avec le Judaïsme de la Conférence des Évêques de Franc
On fête l'Ascension, c'est-à -dire l'élévation de Jésus Christ au Ciel. L'Ascension est l'une des principales fêtes chrétiennes.
Cette année, les subtilités du calendrier liturgique de l’Église catholique font que l’Annonciation, fêtée en principe le 25 mars – 9 mois avant Noël – aurait dû tomber le dimanche des Rameaux.
Cette année comme en 2012, Pessah, la Pâque juive et Pâques se fêtent presque en même temps