Chavouot, שבועות mercredi 31 mai et jeudi 1er juin 2017

Chavouot, שבועות mercredi 31 mai et jeudi 1er juin 2017

CHAVOUOT

6 et 7 Sivan Chavouot vient célébrer la promulgation de la Loi au Mont Sinaï, avec la transmission des Tables comportant les dix commandements. Elle commence la veille au soir, et dure un jour en Israël.

En diaspora, Chavouot (שבועות les semaines) dure deux jours.
Ce sont des jours chômés : aucun travail n'y est permis, autre que la préparation des repas.

La fête de Chavouot s'appelle également "Pentecôte" du grec pentécostê qui veut dire cinquantième (soit 50 jours après Pessah').

Chavouot signifie "semaines" car cette fête tombe sept semaines après Pessah , et rappelle la révélation des dix paroles au Sinaï.
Sept semaines après leur sortie d'Egypte, les Hébreux se préparèrent au pied du Mont Sinaï et Dieu leur donna la Torah, le 6 Sivan 2447.
Elle s'appelle aussi "fête des moissons" car c'est la période des moissons en Israël, mais aussi "fête des prémices" rappelant que ce jour-là les Israélites montaient au Temple de Jérusalem pour y apporter une offrande de grace.
Au plan religieux, Chavouot conclut la libération physique du peuple d'Israël, car en acceptant la Torah, Israël devient vraiment le témoin de Dieu et responsable de Son message aux yeux des nations. Dans la tradition rabbinique, avec Chavouot la marche vers la liberté s'achève et culmine, ce jour-là , avec le don de la Loi. Une coutume ancienne demande aux juifs d'étudier le soir de Chavouot.

Elle montre que loin de voir la révélation, que l'on commémore à Chavouot, comme un dogme, il faut la penser comme une quête intellectuelle et une question. Rester en dehors du questionnement, c'est passer à côté de son judaïsme. La plupart des communauté juives organisent une telle soirée, l'occasion aussi de partager un bon moment.

 

- A écouter : Chavouot sur AKADEM 

 

Du don de la Tora... 11 minutes
7 x 7 = Chavouot
Alexis Blum, grand rabbin

Il faut 49 jours aux hébreux pour passer de l’asservissement au stade le plus achevé de la liberté : la libertéde pensée. Puis 40 ans pour accepter cette responsabilité. Le don de la Tora marque le point de départ de l’aventure spirituelle qui se poursuit jusqu’à nos jours. La lecture de la Meguilat Ruth, celle qui choisit de devenir juive, rappelle que si la Tora a éété donnée aux hébreux, elle s’adresse au monde à travers eux.

Chavouot : les dix paroles
Quand Dieu parle aux hommes
Elie Kling, rabbin

Pourquoi une Tora écrite et une Tora orale ?
Chavouot : une alliance authentique
David Saada,écrivain

La lecture publique de la Tora (3/3)
L’intention du scribe
Philippe Haddad, enseignant

Ruth : s’ouvrir aux Nations, par Yeshaya DALSACE

L’épreuve du Sinaï¯, par Micho KLEIN

Une conversion avant la lettre, par Tamar SCHWARTZ

Dire la Bible aux Nations, la Tora et ses traductions par Francine KAUFFMANN

Qu'y-a-t-il dans la Tora ? par Yeshaya DALSACE Alef-Bet

Qui a écrit la Tora ? avec Shmuel TRIGANO, Paul MATTEI, Geneviève GOBILLOT, David BANON, Dan JAFFÉ Â

 

- Chavouot - en bref sur le site FR CHABBAD.org

" Acceptez de nouveau la Torah"

 

La Torah fut donnée par D.ieu au peuple juif sur le mont Sinaï il y a plus de 3300 ans. Chaque année, lors de la fête de Chavouot, nous renouvelons notre acceptation de ce cadeau divin, et D.ieu « redonne » la Torah.

Le mot Chavouot signifie « semaines ». Cette fête marque l’achèvement de la période du compte de sept semaines entre Pessa’h et Chavouot.

Le don de la Torah fut un événement spirituel d’une grande portée, qui marqua l’essence de l’âme juive pour l’éternité.  Nos Sages l’ont comparé à un mariage entre D.ieu et le peuple juif. Chavouot signifie également « serment », et en ce jour, D.ieu fit un serment d’alliance perpétuelle avec nous, et, en retour, nous lui avons juré une fidélité éternelle.

En ce jour, D.ieu fit un serment d’alliance perpétuelle avec nous, et, en retour, nous lui avons juré une fidélité éternelleLa fête de Chavouot dure deux jours (un seul jour en Israël), commençant au coucher du soleil le 5 Sivan et dure jusqu’à la tombée de la nuit le 7 Sivan.

  • Les femmes et les jeunes filles allument les bougies de la fête pour accueillir celle-ci, le premier et aussi le second soir.
  • C’est une tradition de demeurer éveillé toute la nuit en étudiant la Torah le premier soir de Chavouot.
  • Tous les hommes, femmes et enfants se rendent traditionnellement à la synagogue le premier jour de Chavouot pour écouter la lecture des Dix Commandements.
  • Comme lors des autres fêtes, des repas festifs sont consommés et aucun « travail » ne peut être accompli.
  • Il est de coutume de consommer des aliments lactés à Chavouot. Une des différentes raisons à cela est de commémorer le fait que lorsqu’ils reçurent la Torah – ce qui incluait les lois de l’alimentation cachère –, les Juifs ne purent pas cuisiner ce jour-là des plats de viande dans leurs marmites qui devaient au préalable être rendues cachères.
  • Le second jour de Chavouot, la prière de Yizkor, à la mémoire des disparus, est récitée.
  • Dans certaines communautés, on lit le Livre de Ruth, car le Roi David – qui quitta ce monde à Chavouot – était un descendant de Ruth la Moabite.

 

Cliquez ici pour plus d'nformations sur Chavouot sur le site Chabbad.

 

Et aussi SUR AKADEM  7x7= Chavouot

CHAVOUOT

 

Par Alexis Blum
Texte du cours en PDF ou ci-dessous

Des grandes fêtes du judaïsme, Chavouot est peut-être la moins connue. 
Et pour cause: si tout le monde peut associer la fête de Pessa'h à la matsa ou la fête 
de Soucot à la cabane et au Loulav, il en va tout autrement de Chavouot qui n'est 
reliée à aucun objet ou rituel précis….ou presque. 

De plus, à l'inverse des deux autres fêtes que je viens de citer qui durent une 
semaine entière, Chavouot ne dure que deux jours ou un jour en Israël. 

Cela vous paraîtra d'autant plus surprenant si je vous dis que Chavouot célèbre un 
événement pour le moins capital pour le peuple juif: le don de la Tora au mont 
Sinaï. Alors qu'en est-il exactement ? Qu'est-ce que Chavouot a de si particulier ? 

Suivez-moi, nous allons essayer de nous retrouver dans tout cela… 

Que célèbre Chavouot ? 

Littéralement le terme chavouot signifie "semaines". 

Cette fête tombe en effet exactement après sept semaines, soit 50 jours, après 
Pessa'h. A noter que l'appellation chrétienne de cette fête, Pentecôte signifie 
exactement la même chose : 50e jour en grec. 

Dans nos livres de prières Chavouot est appelé Zman matan toraténou: le temps du 
don de notre Tora. Chavouot célèbre en effet l'anniversaire de l'alliance conclue 
entre Dieu et toutes les générations d'Israël, aboutissement de la sortie de 
l'esclavage. 

Si la Tora n'a pas été donnée immédiatement après la sortie d'Egypte, c'est pour 
nous dire que la réception de la Tora n'est possible qu'après un temps d'efforts et de rupture.
La fête aurait dû s’appeler: "zman kabalat hatora", "jour de réception de la 
Tora" font remarquer les maîtres du hassidisme, mais ils expliquent tout de suite: si 
la Tora a été donnée seulement un jour, le 6 sivan, elle doit en revanche être reçue 
chaque jour dans la mesure où nous sommes prêts à faire l’effort de la recevoir et de 
la transmettre. 

 

Accepter la Tora, c'est s'engager à la pratiquer mais aussi à l'étudier constamment. 

Vous vous souvenez peut-être avoir entendu cette phrase: naassé venichma "nous 
ferons et nous écouterons"(Exode 24,7). Restons un instant sur cette phrase qui est 
peut être la phrase clé de Chavouot. 

 

"Nous ferons" c'est-à-dire nous mettrons en application et "nous écouterons" c’est à 
dire nous nous étudierons et nous transmettrons, c’est par ces mots que le peuple 
réuni au pied du mont Sinaï a signifié d’une seule voix son acceptation de la Tora. 

 

Chavouot exprime ainsi l'obéissance absolue mais non aveugle à la Tora et son 
étude, sans que rien ne dise que l’un vienne avant l’autre, l’un étant 
indissociablement lié à l’autre, pas d’action sans réflexion pas de réflexion sans 
action. A propos des sept semaines qui séparent la fête de Pessa'h de celle de 
Chavouot, nos Sages ont fait remarquer que le chiffre sept est celui qui rythme le 
cycle naturel du temps. 

Sept est le temps de l'effort humain, des jours de semaine. En revanche, le chiffre 
huit représente l'infini, une dimension au-delà du temps ordinaire. C'est pour cela que 
la circoncision se pratique au huitième jour, comme pour dire que la vocation juive 
vise à s'élever au-dessus de l'ordre matériel et naturel. 
Par sa dimension éternelle, la Tora elle-même se trouve hors du temps, on 
comprend donc pourquoi on célèbre son don au lendemain de sept semaines. 

Coutumes et pratiques 

Nous avons dit qu'il n'y a pas de rite, de mitsva à Chavouot, ni chofar, ni matsa,ni 
souka. D'une certaine manière la fête du don de la Tora n'a d'autres objets, d'autres 
supports que…la Tora elle-même. 

Ainsi en est-il de l'usage de lire le livre biblique de Ruth, la moabite, archétype de la 
convertie qui, à l'image du peuple d'Israël acceptant la Tora au Sinaï, va adhérer 
avec enthousiasme à cette même Tora. Elle sera récompensée en devenant 
l'ancêtre du roi David qui sera celui du Messie. 

Il est d'usage aussi de décorer les synagogues et les maisons de feuilles vertes et 
de fleurs pour rappeler les herbages des abords rustiques du Mont Sinaï lors du don 
de la Tora. 

Rappelons que depuis le 16è siècle s'est répandue la coutume, initiée par les 
cabbalistes de Safed, de consacrer toute la nuit de Chavouot à l'étude de la Tora, en 
suivant ou non le Tikoun leil Chavouot, un recueil de textes divers de la Tora écrite 
et de la tradition orale en rapport direct avec l’événement du "don de la Tora". 

Ainsi, la fête la plus courte est-elle allongée par l'institution de la veillée de 
Chavouot. 

Dans toutes les communautés vous verrez s'organiser une abondance de cours de 
Tora et de groupes d'étude… Quelle meilleure manière en effet de célébrer la Tora 
que de l'étudier… 

Comme lors de toutes les fêtes on lit aussi un passage de la Tora en lien avec celle-
ci: logiquement, la lecture de la Tora choisie pour Chavouot, est le récit du don de la 
Tora et d'abord du Décalogue, les dix commandements (Asseret hadiberot) gravés 
par Dieu sur les tables de la Loi. 

C'est un moment fort car c'est un des très rares moments de l'année où dans 
beaucoup de communautés tous les fidèles se lèvent pendant la lecture de la Tora, 
les hommes recouvrant leur tête du talit, pour mieux se concentrer sur le seul texte, 
en signe d'adhésion au message de la Tora, un peu comme lorsqu'on entonne un 
hymne. 

Enfin, un aspect un peu plus folklorique mais non moins agréable consiste à 
consommer des repas ou des plats lactés comme la célèbre tarte au fromage de 
Chavouot, tant appréciée dans les communautés achkénazes… Cette coutume nous 
rappelle que la Tora compare la parole divine au lait, aliment agréable et complet 
convenant à tous les âges. 

Dans certaines communautés on distribue aux enfants immédiatement après cette 
lecture des friandises à base de lait, comme des glaces à la crème, pour que la 
lecture de la Tora soit associée dans leurs esprits à un moment de douceur. 

 

Autres appelations 

Si Chavouot est aujourd'hui célébrée comme l'anniversaire du don de la Tora, il en 
était autrement à l'époque du Temple. Rappelons-nous qu’alors les fêtes 
s'inscrivaient dans le cycle annuel agricole qui rythmait la vie des hommes. 

En Israël, c'était l'époque de la fin de la moisson du blé. Aussi la Tora désigne-t-elle 
Chavouot comme 'hag hakatsir, fête de la moisson, qui était l'occasion d'une 
offrande religieuse au Temple de deux pains levés pétris avec du froment nouveau. 

La Tora appelle aussi cette fête 'hag habikourim: fête des prémices. Avec Pessa'h 
et Soucot, Chavouot fait partie des trois fêtes dites "de pèlerinage", en hébreu 
"chaloch régalim" au cours desquelles tous les hommes devaient se présenter au 
Temple. 

A Chavouot, lors de magnifiques cérémonies festives décrites lyriquement par le 
Talmud, les pèlerins venaient offrir aux cohanim, aux prêtres, les prémices, c'est-
àdire leurs plus beaux produits parmi les fruits de la terre et les premiers-nés du 
bétail.Mais depuis la destruction du Temple qui a entraîné la fin des pèlerinages 
obligatoires et des offrandes rituelles, le caractère agricole de Chavouot n'est plus 
guère visible. 

 

La période du Omer 

Les sept semaines qui relient Pessa'h à Chavouot constituent ce que l'on appelle la 
période du Omer, par laquelle nous allons faire un petit détour. 

L’Omer était l’unité de mesure des céréales, environ 4 litres. 

A l'époque du Temple on apportait une offrande particulière le deuxième jour de 
Pessa'h, composée de la première gerbe d'orge, appelé Omer. A compter de ce jour 
- nous demande la Tora - "Vous compterez 50 jours jusqu'au lendemain de la 7e 
semaine et vous offrirez alors à l'Eternel une nouvelle offrande". (Lévitique 23,16) 

Pendant cette période les juifs procèdent donc quotidiennement à ce qu'on appelle le 
compte du Omer, en hébreu la séfirat ha-Omer: chaque soir, puisque je vous 
rappelle que le jour débute avec la nuit dans le judaïsme, on décompte les jours et 
les semaines passées depuis Pessa'h. Ce compte s'achève à Chavouot, jour du don 
de la Tora. 

La période du Omer constitue donc une sorte d'échelle, de passerelle temporelle 
entre l'affranchissement physique de la servitude et la libération morale par l'entrée 
dans l'alliance de la Tora. Chaque jour compté représente en quelque sorte une 
marche, une étape graduelle de plus reliant les deux événements. 

Paradoxalement et par un retournement tragique de l'histoire cette période qui 
devrait être un temps de joie s'est transformée en un temps de deuil. 

Le Talmud raconte que durant cette période 24 000 élèves de Rabbi Akiba, un des 
plus grands maîtres de l'époque, moururent des suites d'une épidémie, au IIe siècle 
de l'ère chrétienne. 

Les causes invoquées par le Talmud pour expliquer ce fléau qui décima l'élite 
intellectuelle du peuple juif de l'époque nous obligent à nous remettre en question sur 
nos relations à nos semblables: les disciples ne se respectaient pas et médisaient les 
uns sur les autres. Il se trouve que plus tard, au Moyen Age, cette période fut aussi 
celle où se déroulèrent les croisades qui ravagèrent des communautés entières, 
surtout en France et en Allemagne, et poussèrent des milliers de juifs devant le choix 
impossible entre la conversion forcée au christianisme et la mort en martyr. 

Tout cela fait qu'aujourd'hui encore on observe certaines restrictions dans notre vie 
quotidienne durant une partie de la période du Omer: on ne célèbre pas de 
mariages, on se laisse pousser barbe et cheveux et certains évitent même d'écouter 
de la musique. 

Cette période de deuil est interrompue lors d'un jour qu'on appelle Lag baomer du 
nom du 33e (.''.) jour du compte du Omer. Cette date correspond au jour à partir 
duquel intervint une accalmie dans l'épidémie. 

En Israël de grands feux sont allumés à travers tout le pays et c'est aussi un jour de 
pèlerinages sur les tombes des justes… 

Voilà Chavouot une fête mal connue, peut être… mais une fête qui gagne à l'être,