Qu'est ce que Pessah? Fêtée du vendredi 30 mars au soir au samedi 7avril

Qu'est ce que Pessah? Fêtée du vendredi 30 mars au soir au samedi 7avril

Pessah

PESSAH, SYMBOLES ET REPARATION

Pessah est la fête de la liberté, elle commémore la libération du peuple juif de l'esclavage d'Egypte. C'est la naissance d'un peuple libre, d'une nation mise à part pour servir son Dieu, et qui est appelée à suivre ses commandements.

La libération de l'esclavage, de la maison de servitude d'Egypte, conduit le peuple d'Israël à une autre « servitude », mais qui libère, celle de servir, son Créateur : « Je suis l'éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte, pour être votre Dieu. Je suis l'éternel, votre Dieu. » (Nb 15, 41). « Garde-toi d'oublier l'éternel, qui t'a fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. Tu craindras l'éternel, ton Dieu, tu le serviras, et tu jureras par son nom. » (Dt 6, 12, 13).

A force de ténacité la mémoire et la pensée juive ont conservé l'expérience égyptienne. Différents récits bibliques (Tora, Psaumes, Prophètes) font référence à l'esclavage du peuple hébreu et à sa libération par la main puissante de Dieu. Des écrits rabbiniques ainsi que la tradition juive ont cristallisé cette épopée glorieuse de la délivrance du peuple de Dieu..

 

La Bible recommande au peuple de « se souvenir » et d'en faire « le récit à ton fils » (Ex 13, 3-8).

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Le Talmud considère que tout Juif a le devoir de se considérer comme étant sorti lui-même d'Egypte. C'est aussi un devoir d'identification avec cette génération de l'exode. Pas seulement une réminiscence historique, mais un acte d'union personnelle et consciente qui lie chaque génération à la destinée juive. La foi juive ne s'adresse pas à un Dieu lointain mais au Dieu de l'histoire qui dirige le destin du peuple. Dans le premier commandement il est dit : « Je suis l'Eternel, ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude... » (Ex 20, 2). De cette expérience égyptienne naquit la religion juive et la soumission du peuple au Dieu Suprême. Israël soumet sa volonté à la volonté divine, en acceptant de le servir. Ils deviendront ses serviteurs : « Car ce sont mes serviteurs que j'ai fait sortir du pays d'Egypte. » (Lv 25, 42).

La sortie d'Egypte fut l'ouverture décisive vers Dieu, le lieu de naissance et la base du Judaïsme. N'étant plus esclave de l'homme, ce peuple peut servir Dieu. Pessah est la fête de la confiance en Dieu, la fête de « Passage » comme l'appelle la Tora.

L'histoire c'est la marche de Dieu dans le temps, un fait durable et non un événement passé. C'est une action permanente de Dieu, célébrée à Paque, et qui devient l'histoire de chaque génération. Israël devait être libéré de l'Egypte et non seulement obtenir une libération d'Egypte. Etre libéré de l'Egypte consiste en la libération de l'aliénation du paganisme égyptien et de la cruauté de l'homme envers l'homme. Cette libération conduit à la compassion, à une pureté et une éthique découlant de la sainteté de Dieu. Les persécutions qui précédèrent la sortie d'Egypte eurent pour effet le mûrissement du peuple d'Israël et provoquèrent une réceptivité envers la Torah de Dieu.

Le peuple juif rentrant de sa dernière dispersion, de la diaspora mondiale, pendant laquelle (2000 ans) il souffrit également les affres de l'esclavage, verra certainement très rapidement une restauration spirituelle et religieuse qui le fera rentrer de nouveau dans l'éthique divine. Dieu commande à Son peuple qui connut les souffrances de l'esclavage de ne pas persécuter ni d'opprimer l'étranger (Ex. 23, 9), et de ne pas faire violence au faible à l'orphelin et à la veuve.

1. Origines et noms de la fête

Cette fête juive à pour origine une ancienne fête pastorale de printemps, marquée par le sacrifice d'un jeune animal avec un rite de sang destiné à obtenir la fécondité des troupeaux.
Dans le livre de la Genèse, nous voyons que Dieu répond favorablement au sacrifice de Abel, le berger : « ... et Abel de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'éternel porta un regard favorable sur Abel et son offrande... » (Gn 4, 4). C'est par la foi nous dit l'auteur du Livre aux Hébreux qu'Abel offrit son sacrifice et qu'il fut déclaré juste ; (He 11, 4). Quand l'éternel fit sortir les enfants d'Israël d'égypte il leur commanda d'immoler un agneau sans défaut, male, agé d'un an et de le manger le 14ème jour au soir. Son sang devait être mis sur les poteaux et sur le linteau de la porte des maisons. (Ex 12, 1-7). La Bible l'appelle la fête de Paque, Hag ha-Pessah. Ce nom est dérivé d'un verbe hébreu « Laavor », qui signifie « passer outre », dans le sens d'épargner : « Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d'Egypte. » (Ex 12,13). La fête de Pessah est également associée à une ancienne fête agraire à l'occasion de la première moisson de l'année. Caïn qui fut laboureur offrit à l'éternel des fruits de la terre. L'objet de son offrande n'est pas spécifié. Mais, qu'elle que fût son offrande elle ne fut pas agréée par Dieu. Ces deux offrandes de Caïn et d'Abel nous montrent que déjà de telles pratiques existaient.
Dans le Judaïsme c'est la fête des « Pains sans levain », fête des Azymes, Hag ha-Matsot : « Tu observeras la fête des pains sans levain ; pendant sept jours, au temps fixé dans le mois des épis... » (Ex 23, 15)

. 2. événement commémoré 

Pessah est une commémoration familiale, de retrouvailles. L'histoire de la famille et du peuple juif resurgit et elle caractérise l'identité juive. Le peuple hébreu entré en Egypte avec 70 membres en ressort avec 600 000 hommes.

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Pour le peuple juif la fête de Pessah et des Pains sans levain (Azymes), commémore un événement relatif à l'histoire de son salut et de sa délivrance de l'esclavage : la sortie d'Egypte, l'Exode : « Observe le mois des épis, et célèbre la Paque en l'honneur de l'éternel, ton Dieu ; car c'est dans le mois des épis que l'éternel, ton Dieu, t'a fait sortir d'Egypte, pendant la nuit. » (De. 16 : 1) ; « Vous conserverez le souvenir de ce jour, et vous le célébrerez par une fête en l'honneur de l'éternel ; vous le célébrerez comme une loi perpétuelle pour vos descendants. Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Vous observerez la fête des pains sans levain, car c'est en ce jour même que j'aurai fait sortir vos armées du pays d'Egypte ; vous observerez ce jour comme une loi perpétuelle pour vos descendants. » (Ex 12, 14-15).
L'appellation liturgique de la fête en hébreu est Zeman Hérouténou, l'époque de notre libération.
Les Sages considèrent que ce temps de l'année exerce sur le peuple juif une influence spéciale propice à la libération spirituelle. Ils considèrent que seuls sont libres ceux qui embrassent la Torah. De plus l'obligation primordiale pendant Pessah de supprimer tout Hamets, aliments fermentés, est un signe que l'on doit éliminer les forces du mal qui fermentent en chaque homme, symbolisées par le Hamets. (Traité des Principes).

 

3 Date et durée de la fête

Dans le calendrier biblique des fêtes juives, la Paque se célèbre dans le premier mois de l'année : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois ; il sera pour vous le premier mois de l'année. » (Ex 12, 2). Ce mois est appelé dans le Pentateuque, le mois de Aviv, traduit par mois des épis ou de la germination (traduction du Grand Rabbin Zadoc Kahn) : « Observe le mois des épis, et célèbre la Paque en l'honneur de l'éternel... » (Dt 16, 1).Au retour de la captivité de Babylone le nom de Nissan (commencement en Akkadien) fut donné à Aviv, le premier mois. (Né 2, 1 ; Est 3, 7). Au milieu du mois, la Paque sera célébrée ainsi que la fête des pains sans levain qui durera sept jours : « Le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, ce sera la Paque de l'éternel. Et le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des pains sans levain en l'honneur de l'éternel ; vous mangerez pendant sept jours des pains sans levain. » (Lv. 23, 6-7)

 

4 Références Bibliques
événements de la sortie d'Egypte : Ex. 12 à 15.
Mention de la fête dans le calendrier liturgique : Ex. 23, 14-15 ; 34, 18 ; Lév. 23, 5-8 ; Nb. 28, 16-25 ; Deut. 16, 1-8.
Différentes célébrations de la Paque :
Dans le Sinaï : Nb. 9, 1-14.
Lors de l'entrée en Canaan : Jos. 5, 11.
Pendant le règne du roi Ezéchias : 2 Ch. 30, 1-27.
Pendant le règne du roi Josias : 2 R. 23, 21-23.
Au temps d'Esdras : Esd. 6, 19-22.
Dans le Nouveau Testament, la Paque de Jésus : Mt. 26,17-29 ; Mc. 14, 12-26 ; Lc. 22, 7-38 ; Jn. 13 à 17.

 

5 Sacrifices offerts au Temple
Outre les sacrifices ordinaires du Temple, il fallait offrir en holocauste quotidien, pendant les sept jours de solennités pascales, 2 jeunes taureaux, 1 bélier, 7 agneaux, et en sacrifice d'expiation, 1 bouc. (Lv 23, 8 ; Nb 28, 19-23).
« ...C'est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée. Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau de la laine écarlate, et de l'hysope : et il fit l'aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l'aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tout les ustensiles du culte. Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. » (He 18-21). Le levain n'était pas offert avec les sacrifices : « Tu n'offriras point avec du pain levé le sang de la victime sacrifiée en mon honneur ; et sa graisse ne sera point gardée pendant la nuit jusqu'au matin. » (Ex 23, 18). « Aucune des offrandes que vous présenterez à l'Eternel ne sera faite avec du levain ; car vous ne brûlerez rien qui contienne du levain ou du miel parmi les offrandes consumées par le feu devant l'éternel. » (Lv 2, 11).
 

6 Préparation de la Paque selon la tradition rabbinique.
A. Recherche du Hamets
Préparation des matsot Avant de célébrer la Paque et la fête des Pains sans Levain, la maison doit être débarrassée de toute trace de Hamets. Par Hamets nous entendons les céréales fermentées des cinq espèces : le blé, l'orge, l'épeautre, le seigle, l'avoine ou tout produit solide ou liquide, élaboré à partir de ces céréales et ayant subi une fermentation : pain, biscuits, pates alimentaires, la bière, le whisky etc...
Pendant la période de Pessah, du 15 au 21 de Nissan, il est interdit de consommer du Hamets, d'en posséder ou d'en tirer profit :

« On ne verra point chez toi de levain, dans toute l'étendue de ton pays, pendant sept jours... » (Dt 16, 4 ; Ex 12, 15). assiette_pessah-2.jpg

Les produits cacher pour Pessah sont ceux qui ne contiennent pas même une quantité infime de Hamets. Tout aliment propre à la consommation pendant la période de Paque doit porter la mention « Cacher lé Pessah » sur son emballage, avec un certificat de cacherout d'une autorité rabbinique compétente. La coutume dans les communautés juives ashkénazes est d'interdire toute consommation de riz et de légumineuses à cause de leur ressemblance avec les 5 céréales défendues.
Les jours qui précédent la fête de Paque l'on ferra un nettoyage complet de la maison, le nettoyage de printemps, en vue d'éliminer toute trace et miettes de pain et de Hamets. Il est de coutume un mois avant la Paque de commencer le « grand nettoyage » de la maison pour se débarrasser du moindre résidu de Hamets.
Dès la tombée de la nuit du 14 Nissan, ( Le 13 au soir), c'est à dire la nuit qui précède le soir du Séder, on a l'obligation de se mettre à la recherche du Hamets, Bédikat Hamets, en vue de son élimination. Le Hamets symbolise le Yetser Hara, le mauvais penchant, qui pousse l'homme à fauter ; par conséquent, sa recherche assidue et méticuleuse en vue de son élimination a une grande signification morale. C'est à l'aide d'une bougie que l'on recherchera le Hamets le 13 Nissan au soir. L'on peut encore manger du Hamets jusqu'à la fin du premier tiers du 14 Nissan, la veille de Pessah.
L'usage est d'éliminer le Hamets, « Biour Hamets » en le brûlant ou en le jetant au vent ou à la mer. La destruction du Hamets a lieu le 14 avant la fin de la matinée.
Tout Hamets qu'on n'a pas pu consommer avant Pessah devra être vendu à un non-juif. La défense d'en consommer entre en vigueur le 14 Nissan au matin. La vente du Hamets en sa possession est réalisable cependant il ne doit pas s'agir d'une vente fictive mais d'une véritable opération commerciale suivant les prescriptions talmudiques.
Les Matsot consommées pendant la Paque sont des galettes élaborées avec de la pate non fermentée. Le mélange de la farine avec l'eau produit le Hamets au bout de 18 minutes, il faut donc l'enfourner immédiatement pour la cuisson.
B. La cachérisation des ustensiles
seder_plateau.gif Il est interdit de se servir pendant Pessah de tout ustensile utilisé pendant l'année pour cuire, rôtir, griller, frire, mettre au four ou pour se servir à manger ou à boire. Par conséquent il faut se servir d'une batterie de cuisine, et de la vaisselle et couverts spéciaux pour Pessah Si les moyens financiers ne le permettent pas, certains ustensiles pourront toutefois être utilisés après leur cachérisation.
Les deux procédés de cachérisation utilisés sont : la Hag'ala qui consiste à immerger l'ustensile (en métal, bois, pierre, Duralex...) dans de l'eau bouillante, et le Liboun, qui consiste à le faire rougir au feu jusqu'à ce que des étincelles s'en dégagent (pour les broches, grils, poêles). Il faut que les ustensiles soient débarrassés de leur Hamets. Les ustensiles en terre, faïence, porcelaine, émail et poêles Téfal ne peuvent être cachérisés.
La cuisinière, le four, le frigidaire, le lave-vaisselle et tout autre appareil de cuisson ou de cuisine doivent être cachérisés afin d'être utilisable pendant les fêtes de Pâque et des pains sans levain.

 

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